La très catholique Argentine va-t-elle légaliser l’avortement ?

Dîn Wa Dunia | 13 juin 2018 à 17 h 11 min | Mis à jour 13 juin 2018

La très catholique Argentine va-t-elle légaliser l’avortement ?
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L’enjeu est de taille : d'après diverses ONG, 500 000 avortements sont pratiqués chaque année en Argentine. Pourtant, au parlement argentin, le vote pour la légalisation de l’avortement s’annonce serré ce mercredi.

 

Les députés adopteront-ils en première lecture ce projet de loi controversé et fortement critiqué par l’Eglise ? Les sondages donnent actuellement un avantage au « oui » mais à la chambre des députés, le « non » semble légèrement devant (117 contre 111), alors qu’une vingtaine de députés n’ont toujours pas fait connaître leur position.

 

Le « oui » à la légalisation a toutefois fait son chemin dans l’opinion publique ces dernières années, porté par le mouvement féministe, mais cet élan se heurte à la résistance des autorités religieuses.

 

Un hic, et de taille : le pape François est … argentin. Au Vatican, le souverain pontife dit ne pas vouloir se mêler des affaires de pays souverains mais quand il s’agit d’avortement, il fait une entorse à ses principes. Le pape s’est ainsi adressé aux catholiques du pays, et a appelé à une mobilisation générale contre ce projet de loi.

 

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La conférence épiscopale argentine est donc à la manœuvre et le primat d’Argentine, Monseigneur Poli ne ménage pas ses efforts. Une mobilisation inter-religieuse a même rassemblé à Buenos Aires catholiques, musulmans, juifs, protestants et bouddhistes pour dire « non » au projet de loi.

 

Malgré ces freins religieux, la mobilisation pour la légalisation de l’IVG s’est accentuée dans le pays au fil des mois. En Argentine, si une femme en a les moyens, elle peut avorter en toute sécurité et discrétion dans une clinique privée. Les plus démunies se risquent à des IVG dans des conditions sanitaires insuffisantes.

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