Profession de foi

Dîn Wa Dunia | 8 octobre 2015 à 13 h 23 min | Mis à jour 12 février 2018

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Profession de foi
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Signer la première page est toujours une gageure, a fortiori quand il s’agit de l’éditorial d’un magazine qui a choisi de faire du «sacré» et du « profane » la matière brute de ses investigations et analyses. Mais faut-il être prophète, imam, prêtre ou rabbin pour en parler?

N’y a-t-il d’ailleurs de spiritualité que religieuse?

 

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Le pari de Dîn wa Dunia est de toucher à la fois l’intime et l’universel : l’intimité d’une démarche spirituelle, l’universalité d’un message de paix. Ici, point de prosélytisme, ni dans un sens, ni dans l’autre, mais toujours, l’exercice d’un questionnement raisonné. Il ne s’agira pas pour nous d’apporter des réponses toutes faites, encore moins de choquer, mais de donner à chacun les armes de la réflexion. Ce faisant, nous prenons à notre compte cette maxime attribuée à Socrate:

«Il n’existe qu’une seule vertu, le savoir et un seul vice, l’ignorance».

 

Ce combat contre l’ignorance est certes pacifique, mais il est loin d’être virtuel. Car, en toile de fond des débats civilisés que nous aurons, des batailles autrement plus meurtrières continuent de se jouer. Il n’a échappé à personne qu’au 21e siècle, aux quatre coins du monde, de Paris à Beyrouth, de Bamako à Istanbul, et de Meiktila en Birmanie au Gujarat en Inde, on massacre encore au nom de Dieu. La psychanalyse croyait l’avoir enterré. Que nenni, son idée est plus vivace que jamais, tout aussi insaisissable, tout aussi puissante. Et si beaucoup vivent leur religion dans la sérénité et l’apaisement, d’autres, malheureusement, ont fait de leur foi (ou de leur incroyance) un instrument de domination sociale et politique, voire un outil de mort.

N’avons-nous pas, de ce côté-ci de la Méditerranée, les talents et l’enthousiasme qui nous permettent d’appréhender le sacré autrement que dans la dévotion aveugle ou le rejet?

Devons-nous être les spectateurs passifs d’un débat et d’un combat qui se jouent ailleurs? N’avons-nous pas, de ce côté-ci de la Méditerranée, dans ce que nous appelons l’Occident musulman, les talents et l’enthousiasme qui nous permettent d’appréhender le sacré autrement que dans la dévotion aveugle ou le rejet?

 

Il existe en effet, au cœur même du phénomène religieux, un espace où vient s’ancrer la raison. C’est cet espace que Dîn wa Dunia veut contribuer à ouvrir : parler de religion sans dédain, ni mépris, sans obséquiosité, ni dévotion, dans le respect du référentiel culturel et religieux des Marocains et de sa diversité.

 

Pour traiter au mieux de sujets d’une telle importance, pour vous donner à lire le meilleur de Dîn et de Dunia, des chercheurs fins connaisseurs en sciences religieuses et des journalistes à l’écoute de notre époque. Nous ne sommes pour autant ni Bible, ni Coran, pas plus que parole d’évangile. Et le diable se cachant souvent dans les détails, d’avance, en toute bonne foi, nous comptons sur votre bienveillance.

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