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Pédophilie, une victime accuse le Vatican de duplicité

Dîn Wa Dunia | 13 février 2018 à 12 h 49 min | Mis à jour 13 février 2018

Pédophilie, une victime accuse le Vatican de duplicité
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Le « scandale Karadima » qui a secoué en 2010 l’Eglise catholique du Chili, continue de défrayer la chronique. Alors que les plaintes des victimes présumées d’abus sexuels de la part de prêtres s’amoncellent, les déclarations de l’une d’elles sont venues jeter de l’huile sur le feu. Juan Carlos Cruz, exilé depuis à Philadelphie aux Etats-Unis, affirme ainsi avoir envoyé une longue lettre au souverain pontife, à laquelle ce dernier n’aurait pas daigné répondre. Dans ce courrier manuscrit de huit pages remis en avril 2015 au cardinal Sean O’Malley, adjoint du pape, par la Commission pontificale pour la protection des mineurs, Juan Carlos Cruz décrit explicitement les agressions sexuelles pédophiles du père Fernando Karadima, ancien curé d’une paroisse de Santiago et principal accusé dans cette affaire.  Prêtre charismatique proche du pouvoir chilien, le père Karadima a été renvoyé en 2011 de l’état clérical suite à l’éclatement de l’affaire dans la presse chilienne.

 

Dans son courrier, Juan Carlos Cruz évoque également les baisers et les caresses entre le père Karadima et le père Juan Barros, l’évêque de la ville d’Osorno (sud du Chili) nommé par le pape. Une lettre dans laquelle il conclue en suppliant le souverain pontife de respecter son engagement de « tolérance zéro » envers les auteurs d’abus sexuels au sein du clergé. Or, lors de sa visite officielle au Chili en janvier dernier, dans l’avion qui le ramenait au Vatican, le pape François avait affirmé à l’Associated Press qu’aucune victime ne s’était manifestée jusque-là pour dénoncer ces abus.

 

Le chef de l’Eglise catholique romaine a-t-il couvert les agissements de Barros ? Quels éléments ressortiront de l’investigation de l’enquêteur en matière de crimes sexuels envoyé par le Vatican la semaine dernière ? Une chose est sûre en tout cas : l’affaire Karadima n’a pas fini de faire couler de l’encre dans ce pays foncièrement catholique.

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