Mexique, le pays le plus mortel pour les hommes d'église

Dîn Wa Dunia | 12 février 2018 à 18 h 15 min | Mis à jour 12 février 2018

Mexique, le pays le plus mortel pour les hommes d'église
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Avec 20 ecclésiastiques tués depuis 2012, le Mexique est devenu le pays le plus dangereux d’Amérique latine pour les hommes de foi. Dernières victimes en date : les prêtres Ivan Jaimes et Germain Muniz Garcia, tués par balle dans une embuscade le 5 février dernier dans l’Etat de Guerrero, au sud-ouest du Mexique.

 

D’après l’agence vaticane Fides, le père Ivan Jaimes, 37 ans et le père Germain Muniz, 39 ans, respectivement curés à Las Vigas (archidiocèse d’Acapulco) et à Mezcala (diocèse de Chilpancingo-Chilapa) ont été abattus tôt dans la matinée par des hommes armés sur la route reliant Taxco à Iguala, alors qu’ils se trouvaient en compagnie de quatre autres passagers à bord d’une voiture de retour de Juliantla, où ils avaient participé à la célébration de la Chandeleur.

 

Tandis que l’enquête se poursuit pour retrouver les assassins des deux curés, les doigts se pointent de nouveau vers les cartels de narcotrafic et leurs soutiens supposés au sein de l’appareil d’Etat mexicain. En novembre dernier, Omar Sotelo, fondateur du Centre catholique multimédias (CCM), désigné par l’Eglise mexicaine pour étudier la question, expliquait que « les religieux viennent grossir les chiffres des victimes car ce sont des personnes qui gênent le crime organisé, dénoncent les politiques impliqués, aident les migrants, viennent en aide aux blessés et connaissent bien les gens dans leurs villages ». D’après le même responsable, viser un homme d’église, guide spirituel de la communauté et figure quasi-sacrée dans une société mexicaine profondément croyante, permettrait également aux cartels de terroriser davantage leurs rivaux et détracteurs.

 

Assassinats, tentatives d’homicides, enlèvements et autres menaces de mort sont ainsi devenus depuis quelques années lot quasi-quotidien des religieux au Mexique. A noter que pour la seule année 2017, d’après l’ONG mexicaine Semaforo Delictivo, le crime organisé a fait près de 20 000 victimes à travers le pays. Une flambée de violences que l’ONG attribue à « l’échec total » de l’approche « du tout-sécuritaire » dans la lutte contre les cartels, initiée en 2006 par le gouvernement de Felipe Calderon et poursuivie par Enrique Peña Nieto.

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