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Liban- La réalisatrice Nadine Labaki dans le collimateur du Hezbollah

Dîn Wa Dunia | 23 mai 2018 à 21 h 42 min | Mis à jour 23 mai 2018

Liban- La réalisatrice Nadine Labaki dans le collimateur du Hezbollah
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Après Amin Maalouf, Ziad Doueiri ou encore Wajdi Moawad, cibles de campagnes menées par les médias proches du Hezbollah, c’est au tour de la réalisatrice Nadine Labaki, à peine auréolée du prestigieux Prix du jury du Festival de Cannes pour son filmCapharnaüm, qui suit l’errance d’un enfant pauvre dans Beyrouth, de faire face à une campagne similaire visant à ternir l’éclat de cet exploit.

 

Si une bonne majorité de Libanais célèbrent sur les réseaux sociaux la consécration de Nadine Labaki, le Hezbollah a tenté de minimiser son ampleur. La journaliste Manar Sabbagh (présentatrice de la chaîne al-Manar, organe du Hezbollah) s’est fendue d’un tweet dans lequel elle a rappelé « aux fils de la Phénicie et autres intellectuels que la gloire des martyrs du Hezbollah est suffisante » pour le Liban. Puis c’est le député Nawaf Moussaoui qui a écrit à son tour sur son compte Twitter : « Pas de Labaki : il n’y a que tes armes qui te protègent lorsqu’il le faut. »

 

Des internautes se sont aussitôt déchaînés contre le Hezbollah, insistant sur le fait que seule l’armée libanaise est à même de défendre les Libanais « quand il le faut ». D’autres ont souligné que le cinéma, l’art et la culture sont une autre forme de résistance, et surtout une manifestation d’attachement à la vie. « Nous continuerons à parler fièrement des réalisations des Libanais et Libanaises dans le domaine de l’art et de la culture parce que nous sommes les fils et les filles de la vie », a écrit la journaliste et écrivaine Joumana Haddad sur son compte Twitter.

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