Accusé d’avoir financé Daesh, Lafarge mis en examen

Dîn Wa Dunia | 2 juillet 2018 à 13 h 34 min | Mis à jour 2 juillet 2018

Accusé d’avoir financé Daesh, Lafarge mis en examen
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C’est une décision « historique » selon les parties civiles : le cimentier français Lafarge a été mis en examen jeudi dernier pour une accusation rarissime de « complicité de crimes contre l’humanité » dans le dossier explosif de financement présumé du terrorisme en Syrie.

 

Les magistrats ont estimé avoir réuni des « indices graves et concordants » contre le cimentier pour « financement d’une entreprise terroriste », « mise en danger de la vie » d’anciens salariés de son usine syrienne de Jalabiya et « violation d’un embargo ».

 

Le groupe devra s'acquitter d’une caution de 30 millions d’euros dans le cadre d’un contrôle judiciaire. Le groupe LafargeHolcim a annoncé qu’il ferait appel.

 

Le cimentier est soupçonné d’avoir versé via sa filiale LCS 13 millions d’euros entre 2011 et 2015 pour maintenir son usine en Syrie, alors que le pays s’enfonçait dans la guerre. Ces sommes, qui ont bénéficié en partie à des groupes armés dont l’organisation jihadiste Etat islamique (EI), correspondaient notamment au versement d’une « taxe » pour sécuriser la circulation des salariés et des marchandises, à des achats de matières premières - dont du pétrole - à des fournisseurs proches de l’EI et à la rétribution d’intermédiaires, d’après l’enquête.

 

A ces canaux de financement, s’ajoutent désormais des soupçons sur une possible vente de ciment à l’EI. Contrairement à d’autres multinationales, le cimentier avait décidé de rester en Syrie, exposant ses salariés locaux aux risques de rapts alors que la direction du site avait, elle, déjà quitté l’usine et évacué ses expatriés.

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